Adapté d’une nouvelle de Stephen King, Chambre 1408 mélange thriller psychologique et film de fantômes.
Stephen King est un auteur régulièrement adapté au cinéma (Shining, La Ligne Verte,…). « 1408 » est l’une de ses nouvelles d’une vingtaine de pages aujourd’hui adaptée par Mikaël Hafstrom. Et la grande question devient : comment transformer 20 petites pages en un long-métrage d’une heure et demie ? Cette question, Mikael Hafstrom doit encore se la poser, tant Chambre 1408 traîne des pieds.
Et pourtant les scénaristes ont traité la nouvelle, lui ont infligé une somme inconsidérée d’éléments extérieurs, pour éviter qu’il se réduise à peau de chagrin, le summum étant la réinvention totale de la fin, « 1408 » ayant un final que l’équipe du film ne jugeait pas cinématographique !!! L’histoire suit donc un auteur de livres sur les maisons hantées s’amusant à visiter tous les endroits où pourrait surgir le paranormal. En vain, car à chaque fois, l’ennui est à la mesure de sa déception, il ne se passe finalement rien de si particulier. Mais voilà qu’on l’informe de l’existence de la chambre 1408, au Dolphin Hôtel de New York ; chambre défense d’entrer. Rien ne l’arrête et Mike Enslin (interprétation convenable de John Cusack) est prêt à passer une nuit d’enfer. Inspirés par l’imaginaire Kafka, tous les éléments font preuve d’incohérence : tout est réalisable dans la chambre 1408. Aidée par des effets spéciaux en masse, la chambre devient la déroute du Titanic, une expédition au pôle Nord, que sais-je encore…une poêle, un robinet d’eau chaude ou une bouteille de whisky pourraient se découvrir une âme meurtrière sitôt déposées dans la suite. Et c’est au tour de la fenêtre de faire des siennes, puis du plan d’évacuation. Une heure bien difficile à combler.
L’ouverture sur la frontière entre fiction et réalité n’est pas forcément inintéressante, mais c’est du vu, du revu et du re-revu. D’autant que les allers-retours entre réalité et fiction, ne noient pas simplement les spectateurs. Tout le monde est dans le flou, John Cusack épuisé par un interminable moment de bravoure, mais surtout le réalisateur qui ne parvient jamais à trouver la pirouette qui le ferait retomber sur ses pattes. Rêve, réalité, coma, ou mort, on passe de l’un à l’autre, pour revenir au précédent ; et si le suicide était l’unique espoir de se sortir de ce cauchemar psychotropique enregistré au dictaphone ? Où est Stephen King, qu’on lui pose la question ? L’ennui vient pointer son nez au milieu de tout ça, sûrement appelé par la frustration d’un sujet mal maîtrisé, et l’on se rappelle les biens meilleurs Memento, L’effet papillon, eXistenZ, ou un bon vieux David Lynch. Autant de films qui rendent Chambre 1408 bien pâle.
Source : cinema-france.com
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